mercredi 29 décembre 2010

Interwiew d'Yvan Tetelbom, Marchand de Poésie.

Yvan Tetelbom est avant tout poète. Sa carrière l'a amené à devenir organisateur de festival, dont le festival international de poésie, Poètes à Paris. La quatrième édition s'est déroulée du 29 septembre au 3 octobre dernier.


Fleuriane Amadou: Pouvez-vous nous décrire, en quelques mots, votre carrière jusqu'ici? Avez-vous une formation liée à l'organisation d'un festival tel que le festival international de poésie à Paris?

Yvan Tetelbom: Je voulais vivre du seul métier de poète. Il y a 30 ans, c'était Impossible. Alors j’ai commencé à diversifier mes activités poétiques pour avoir 40 cachets intermittent par an...spectacles… cours de langage poétique… et finalement organisation de festivals. Bien entendu pas d’école pour apprendre cela. Nul besoin pour un autodidacte passionné.

Pourquoi ce festival? Comment l'idée vous est-elle venue?
j’avais organisé des dizaines de festivals en France à l’étranger (Hongrie notamment) créant au passage 2 maisons du poème qui fonctionnaient bien puis je m’ennuyais dans ma province où on revoit toujours les mêmes personnes, alors j’ai décidé de conquérir Paris où j’avais vécu de nombreuses années, en y apprenant le chant et la comédie dans des écoles réputées.

Pouvez-vous nous décrire la journée type de l'organisateur d'un festival pendant son déroulement?

S'il aura tout préparé en amont, s’il a de bons assistants et s’il a préalablement délégué les bons rôles aux meilleurs animateurs des rencontres, sa journée type est plutôt tranquille. Il surveille le bon déroulement en tant que superviseur et répondant toujours aux imprévus qui ne manquent pas d’arriver voire même en les prévoyant pour mieux les juguler .

Avez-vous rencontré beaucoup de difficultés? Quels ont été les problèmes majeurs?
Grâce à mon expérience je n ai pas ressenti de problèmes majeurs.






déclamation libre de poèmes durant le quatrième festival international de poésie à Paris

Avez-vous rencontré des réticences venus d'autres organisateurs ou acteurs d'un festival qui vous voyaient comme un rival?

Ces réticences existent depuis le début. C'est le lot de ceux qui entreprennent. A paris elles sont plus exacerbées, ces jalousies sont embusquées. Ils attendent que mon festival se plante pour me remplacer, ou tout simplement assister à mon infortune. Sauf que je suis un électron libre, ce qui est ma force est que personne n’a de prise sur moi, pas même les subventionneurs qui chaque année me disent que je n’aurai rien. J’ai besoin de me sentir Libre de mes mouvements et de mes choix. C est le prix à payer.



Comment préserver la vitalité et le renouveau d'un festival années après années?

C'est la question que je me pose avec acuité, surtout cette année. Car il faut surprendre en permanence le spectateur tout en imaginant son attente culturelle, en faisant en sorte qu’il ne soit pas simple écoutant. Il est à part dans la gamme du spectateur lambda, lui qui vient aux rencontres s’il se sent concerné par ce qui se passe devant ses yeux, ou s’écoute. Il faut qu'il est vraiment l’impression de participer.

Il y a t il des difficultés à organiser un tel évènement en Ile de France que l'on ne rencontre pas en province?

Oui car il y a exponentatialité de l’offre poétique à Paris noyée dans une offre culturelle qui a des moyens de toute nature que je n’ai pas. Donc faire venir du monde est un exploit, surtout quand il n’y a pas de participants « vedettes » ou grosses « locomotives » dit-on dans le jargon.
Les subventions en province sont bien plus supérieures. A Paris elles apparaissent comme subsides ou aumônes. Et surtout je ne sais l’attribution que peu de jours avant et surtout après la fin du festival, autant dire que je ne peux compter sur cela. Et je dois faire mon programme, donc l’adhésion carte pass* est une obligation de survie pour dégager une somme appelée somme de tranquillité.
Mais comme je ne peux faire de contrats aux artistes car je ne sais pas de quoi je vais disposer, je fais de ce festival un tremplin pour les artistes et les poètes. Ils viennent se montrer à Paris et moi je leur promets en échange publicité d'enfer, communication aux médias, salle pleine ou comble de préférence, et je leur dis que Paris est une capitale incontournable pour leur carrière, et qu’ils doivent s’en servir. Aussi je négocie des lieux aussi gratuits qui possible.
Impossible sinon de voir se perpétuer ce festival.

votre futur personnel, comment le voyez vous ?

Cependant ce festival à Paris est juste une étape. Cela représente une base visible. Je vois plus loin : dans d’autres pays, où je serai amené si je conserve cette force en moi, à préparer d’autres projets dans le monde qui passe par la France régionale aussi

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